Rip Hopkins et Martin Parr au Musée Géo-Charles
C’est une belle exposition que le musée Géo-Charles nous donne à voir jusqu’à début novembre. L’association d’œuvres de Rip Hopkins et de Martin Parr révèle deux photographes britanniques singuliers, aux approches, points de vue et méthodes de travail qui peuvent être opposés. Very exciting !

Dialogue de photographes

L’accrochage reflète d’emblée la volonté de la conservatrice Elisabeth Chambon, “non pas de confronter, mais de réunir et d’associer des images qui dialoguent ensemble”. Rip Hopkins, présent le jour du vernissage, a confirmé cette intention, ne refusant pas toutefois un sentiment de confrontation. “On fait souvent l’amalgame entre mon travail et celui de Martin Parr. Nous avons pourtant deux façons singulières d’agir. Lui se positionne presque au-dessus des autres, shoote les personnes dans l’instant en utilisant le flash en permanence et en saturant les couleurs, sans aucun contact avec ses sujets exposés parfois dans des situations relativement compromettantes. À certains égards, cela peut être cruel. Je ne dénigre pas son travail d’une grande valeur, Martin Parr est un précurseur qui a réellement changé l’approche du photojournalisme. Mais j’ai, au contraire, en tous cas dans cette série, une approche essentiellement dans la relation, voire l’empathie, je construis un rapport de confiance et d’intérêt mutuel, je m’intéresse aux gens pour rentrer dans leur intimité, leur intérieur. Et si je cherche à pousser les limites, c’est toujours une collaboration, la photographie est une clé.”

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Inauguration en présence notamment de Rip Hopkins (à gauche), du maire Renzo Sulli et de l’adjointe Sylvette Rochas.

Ainsi posé, le cadre de l’exposition apparaît extrêmement sensible, divers, dense, passionnant dans l’échange de deux démarches personnelles de création et deux manières de dire. L’humour de situation des photos de Rip Hopkins, qui aime “raconter des histoires” aux frontières du rêve, converse avec la dimension inquiétante des clichés de Martin Parr, dont l’œil à la fois acéré et amusé, impitoyable, débusque la banalité de la vie contemporaine, force le trait et épingle le détail qui tue. L’un et l’autre, d’une grande liberté d’esprit, étudient savamment leurs congénères. Ce dialogue artistique, en vis-à-vis et à distance, fortifie le regard critique.

J.-F.L.

Rip Hopkins Another country-les Britanniques en France et Martin Parr Think of England, jusqu’au dimanche 4 novembre, musée Géo-Charles, 3, rue Géo-Charles, 04 76 22 58 63. Ouverture du lundi au vendredi, de 14 h à 18 h, samedi et dimanche, de 14 h à 19 h. Visites commentées (tout public) : Journées européennes du patrimoine samedi 15 et dimanche 16 octobre ; nocturne jeudi 11 octobre, à partir de 18 h 30 ; goûter de l’art dimanche 21 octobre, à 16 h. Une exposition en collaboration avec la galerie Le Réverbère (Lyon) et Magnum Photos (Paris).

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© Martin Parr/Magnum Photos, Paris.

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© Rip Hopkins/Courtesy Galerie Le Réverbère, Lyon.

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