Quatre questions à Michel Sudarskis
Michel Sudarskis : secrétaire général de l’Association internationale de développement urbain (INTA)

L’INTA, dont Echirolles est membre, accompagnera et conseillera la Ville et ses partenaires sur le projet Espace rocade Sud (qui a fait l’objet d’un conseil municipal extraordinaire le 2 décembre). Un séminaire aura lieu du 26 au 31 janvier 2009. Au cours de ces journées en présence d’experts internationaux, un colloque et la restitution des travaux seront ouverts au public. L’événement va permettre de donner une certaine visibilité au projet.

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Quelles sont les missions et les activités de l’INTA ?
“L’INTA est une association internationale, de plus de trente ans d’existence, qui organise l’échange de pratiques et d’expériences, parfois des transferts de savoir- faire entre tous ses membres sur les enjeux du développement urbain, à l’échelle de différents territoires. Nous comptons plus de 2 000 acteurs publics et privés répartis dans 60 pays, des collectivités territoriales, agences gouvernementales ou administrations nationales, établissements publics d’aménagement, entreprises... Nous sommes en mesure de puiser dans ce vivier de compétences et de ressources, les cas, les démarches, les méthodes, les processus, les idées et les innovations qui permettent d’élaborer des décisions stratégiques, de formaliser des propositions. L’INTA capitalise cette intelligence collective pour la restituer à tous ses membres. Nous organisons aussi des congrès et des conférences annuels.”

Quelle est la nature de vos partenariats et de vos actions ?
“Le partenariat est fondé sur la nature même de nos membres et de leurs besoins. Nous formons ce que l’on appelle un “panel”, une mission d’expertise. En fonction de tel ou tel projet, des praticiens viennent bénévolement partager leurs propres expériences dans toutes les dimensions du développement urbain. Nous apportons des réponses spécifiques, pragmatiques, réalistes, à une vision prospective. Nous sommes intervenus, par exemple, à l’Île de La Réunion pour l’aménagement d’un écoquartier sur une zone de 80 hectares, vide et extrêmement contrainte, sur les pentes d’un volcan. En Pologne, à Gdansk, pour une réflexion sur l’urbanisme vertical, la pertinence des tours en centre-ville ou à la périphérie. À Clichy-la-Garenne pour la réhabilitation et les nouvelles destinations d’un immeuble historique, la Maison du Peuple. Au Maroc pour la requalification urbaine de la ville côtière de Nador, incluant aussi bien la reprise des berges, la restructuration du centre-ville, le lancement d’une politique de transports, la réactivation du réseau des villes de taille moyenne au nord de cette agglomération.”

Qu’est-ce qui a retenu l’attention et l’intérêt de l’INTA dans le projet échirollois ?
“Membre de l’association, la ville d’Echirolles a demandé de bénéficier des ressources du réseau. Nous organiserons en janvier prochain un “séminaire” international” pour l’aider à définir ses choix dans le projet intitulé Espace rocade Sud. Ce qui est apparu dès nos premiers entretiens avec les responsables locaux, c’est l’élaboration collective d’un projet, qui n’est pas seulement celui d’une municipalité ou de son maire, mais d’une équipe, sur un territoire élargi dans le cadre de l’intercommunalité (d’une coopération municipale avec Eybens et Grenoble). On passe du centre-ville, de la banlieue à un grand projet de polarité au niveau de l’agglomération. Cette démarche n’est pas habituelle pour qu’on puisse la reconnaître et l’encourager. Mais Echirolles a également bien compris que, très probablement, son avenir se situe dans un territoire plus vaste encore, celui du sillon alpin qui peut englober d’autres bassins de développement économique en Italie ou en Suisse. L’analyse à laquelle Echirolles se livre révèle une véritable pensée urbaine et une très grande richesse des leviers de l’action publique. La Ville cherche à trouver l’équilibre le plus juste pour de multiples synergies. On parle aussi bien de positionnement stratégique, de valorisation du capital et des atouts industriels, de modes de déplacements en les associant au développement économique, d’intensification urbaine sur l’espace public, d’intégration et de mixité, d’articulation avec les autres quartiers. On sent profondément une volonté d’ouverture, de transversalité.”

Quels sont les principaux atouts ?
“La détermination de l’équipe locale et de ses partenaires, la maturation du projet sans le formaliser d’une manière telle qu’il devienne rigide et fermé. La large concertation est un autre atout fort. Cela va entraîner une dynamique qui viendra colorer notre propre travail, notre façon de voir les choses. Nous souhaitons intégrer l’exemple échirollois dans notre base de données et nos références, tout en essayant de contribuer à son enrichissement.”

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